AURELIEN DAVID

  • LE CYCLE DU VOYAGE
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  • LE CYCLE DES VANISHING PEOPLE
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Lundi 21 août 2017. J'ai rencontré Mo avec mon équipière, Adèle, alors que nous faisions escale à Almerimar, réputé pour être le port d'Andalousie le moins cher. Il y a quelques jours, Mo m'a interpellé depuis le quai. Il parle en anglais, puis, comprenant que nous sommes français, adapte la discussion dans notre langue, qu'il a apprise durant sa scolarité à Tanger, au Maroc. Mo est marocain. Il veut savoir comment fonctionne notre système de voile à l'avant de notre bateau. Je lui demande quel lien il entretient avec le monde de la voile : il travaille dans une voilerie. Je lui demande de répéter, car nous avons justement déchiré notre grand-voile lors de la navigation précédente. Il faut que nous trouvions un atelier qui puisse la réparer. Je l'invite à monter à bord pour qu'il la voit de plus près de façon à évaluer les dégâts. Son optimisme me gagne et il pourra a priori nous la réparer d'ici quelques jours. Nous démontons la grand-voile et nous nous rendons dans l'atelier dans lequel il est employé, situé non loin du bateau, sur le port. Mo semble vivement intéressé par notre voyage et a envie de nous aider. Il y a une grande déchirure dans la longueur du bas de la voile mais la toile est d'après lui en bon état. Lorsque je lui demande combien cela nous coûtera, il reste évasif et nous fait sentir que ce n'est pas cette motivation qui le guide. Quelques jours plus tard, il nous invite à récupérer la voile qu'Adèle et lui ont réparé pendant que j'ai séjourné dans les terres Andalouses (à Grenade et Cordoue), ce qui a permis à Adèle de découvrir les rudiments du métier de maître-voilier. La veille de notre départ, Mo nous invite chez lui pour le repas et je découvre sur les toiles qui ornent les murs de son appartement ses talents d'artiste-peintre, dont le travail est traversé par des thèmes universaux, en particulier celui de la mort. Mo a sur le mollet gauche le visage de Dali tatoué, ainsi que de nombreux autres qui s'est lui-même fait. J'admire sa dextérité et son courage. Il me semble en fait que Mo est un personnage multiple. Deux choses nous lient et rendent finalement cette rencontre moins hasardeuse qu'il me semblait de prime abord : l'art, la mer, mais aussi peut-être une forme d'intuition qui permet aux gens qui se ressemblent de se trouver.